Louer en courte durée en Belgique ne répond pas à une règle nationale unique. L'hébergement touristique est une compétence régionale : Bruxelles, la Wallonie et la Flandre ont chacune leur propre cadre, leur propre procédure et leur propre numéro d'enregistrement. Avant d'accueillir un premier voyageur, le bon réflexe est d'identifier la région où se trouve votre bien, puis de suivre le portail officiel correspondant. Voici l'essentiel, région par région, en renvoyant à chaque étape vers la source officielle qui fait foi.
Pas de règle belge unique : trois régimes régionaux
C'est le point à ne jamais perdre de vue. Il n'existe pas de loi fédérale unique sur la location touristique de courte durée en Belgique. Chaque région a son texte : l'ordonnance du 8 mai 2014 à Bruxelles, le Code wallon du Tourisme en Wallonie, le Logiesdecreet en Flandre. Ce qui est vrai dans une région ne l'est pas forcément dans une autre, et il faut se garder de transposer une obligation d'un territoire à l'autre.
Le principe commun, lui, se retrouve partout : vous devez enregistrer votre hébergement avant de le mettre en location, et cet enregistrement vous donne un numéro. Ce sont les détails, les pièces à fournir et les obligations d'affichage qui changent d'une région à l'autre.
Bruxelles : déclaration préalable et numéro dans l'annonce
En Région de Bruxelles-Capitale, toute exploitation d'un hébergement touristique est soumise à une déclaration préalable et à un enregistrement, avant le début de l'activité, auprès de Bruxelles Économie et Emploi. Exploiter un hébergement non enregistré est illégal. Vous déposez un dossier de déclaration préalable, l'administration vérifie qu'il est complet et conforme, puis vous octroie un numéro d'enregistrement. L'exploitation ne peut commencer qu'une fois ce numéro obtenu.
Le champ est large : toute mise en location à titre onéreux, d'une nuit à 90 jours consécutifs au maximum, dans les 19 communes bruxelloises, que vos occupants soient touristes, étudiants, stagiaires ou en déplacement professionnel. Le dossier d'un particulier comprend notamment une preuve d'identité, un extrait de casier judiciaire de moins de 3 mois, une assurance responsabilité civile avec preuve de paiement, une attestation de sécurité incendie et une attestation de conformité en urbanisme. Si vous êtes locataire, il faut l'accord écrit du propriétaire.
Bruxelles a une particularité que les autres régions ne partagent pas de la même façon : une fois enregistré, vous devez faire figurer votre numéro d'enregistrement dans toutes vos publicités et annonces, et l'afficher près de l'entrée. À noter aussi, un volet fiscal distinct : vous vous enregistrez séparément auprès de Bruxelles Fiscalité via MyTax, dans les 31 jours de l'ouverture, et une taxe régionale s'applique aux nuitées. À partir du 1er janvier 2026, elle est de 5 euros par nuitée et par unité au tarif standard, et de 4 euros pour l'hébergement chez l'habitant et les campings.
Un point de prudence : une nouvelle ordonnance a été adoptée en 2024, mais sa date d'entrée en vigueur n'est pas encore fixée dans le texte. Le cadre applicable aujourd'hui reste l'ordonnance de 2014. Vérifiez l'état en vigueur auprès de Bruxelles Économie et Emploi.
Wallonie : l'enregistrement auprès de Tourisme Wallonie
En Wallonie, la location d'hébergements touristiques relève du Code wallon du Tourisme, dont le nouveau texte est entré en vigueur le 1er juillet 2025. Toute personne qui propose un hébergement à la location doit l'enregistrer auprès de Tourisme Wallonie, le Commissariat général au Tourisme, avant toute mise en location. Depuis le nouveau Code, on ne parle plus d'hébergements déclarés mais enregistrés.
L'enregistrement est gratuit et se fait en ligne via la plateforme de Tourisme Wallonie. Vous fournissez vos informations et la capacité de l'hébergement, une attestation de sécurité incendie ou de contrôle simplifié, et un extrait de casier judiciaire de moins de 6 mois. Le numéro d'enregistrement délivré reste valable tant que votre attestation incendie et votre casier judiciaire le sont.
L'attestation de sécurité incendie est délivrée par le bourgmestre de votre commune, après visite des pompiers, et vaut 5 ans. Un régime transitoire existe : les hébergements en règle au 1er juillet 2025 n'ont pas à se réenregistrer, tant qu'ils respectent les normes incendie. Point de prudence à connaître : les pages officielles wallonnes imposent l'enregistrement et l'attribution d'un numéro, mais ne mentionnent pas d'obligation d'afficher ce numéro dans vos annonces, contrairement à Bruxelles. Vérifiez les modalités exactes sur le portail wallon avant de publier.
Flandre : la déclaration au Logiesdecreet
En Flandre, l'hébergement touristique est régi par le Logiesdecreet, le décret du 5 février 2016. Le principe est une obligation de déclaration, l'aanmelding, auprès de Toerisme Vlaanderen, et non un permis. Tout logement où vous hébergez des touristes contre paiement doit être déclaré, même en cas de location temporaire ou occasionnelle, par exemple une ou plusieurs nuits par an via Airbnb ou Booking.
Une fois la déclaration faite, vous recevez un numéro d'enregistrement unique et vous pouvez accueillir des hôtes ; en ligne, ce numéro est délivré immédiatement. Votre hébergement doit respecter des normes de base : une attestation de sécurité incendie positive, une assurance incendie et une assurance responsabilité civile, un minimum de confort et de qualité, et la conformité en matière d'urbanisme. Une reconnaissance, l'erkenning, existe en plus mais reste facultative et gratuite ; elle donne droit à un signe de reconnaissance à afficher.
Comme en Wallonie, le décret impose la déclaration et le numéro, mais ne prévoit pas explicitement d'obligation d'afficher ce numéro dans vos annonces : pour l'usage exact du numéro, référez-vous à Toerisme Vlaanderen. À partir du 1er avril 2026, les plateformes de réservation et les agences doivent, sur demande écrite des autorités, communiquer les données de l'exploitant et l'adresse des hébergements qu'elles intermédient en Flandre.
Ce que ça change pour votre annonce
Au-delà de la conformité, un hébergement enregistré et un numéro renseigné jouent en votre faveur : c'est une annonce plus complète, mieux traitée par l'algorithme et plus rassurante pour le voyageur. À Bruxelles, où le numéro doit figurer dans l'annonce, une annonce qui en est dépourvue s'expose en plus à des ennuis.
L'audit BnBoost n'est pas un service juridique et ne vous dit pas si vous êtes en règle : pour ça, il y a les portails régionaux ci-dessous et, au besoin, un professionnel. Ce que l'audit fait, c'est mesurer la complétude et la qualité de votre annonce. Pour le tableau complet des règles, France comprise, partez du guide réglementation de la location courte durée.
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